Est-ce que votre paie disparaît plus vite qu’avant ?
Vous n’êtes pas seul.
Au printemps 2026, la Banque du Canada a publié son bilan annuel sur la santé de l’argent au pays.
Nous l’avons lu, puis comparé avec des études faites ici. Voici l’essentiel à savoir sur le thème endettement des ménages québécois en 2026.
Pour suivre l’actualité économique tout au long de l’année, consultez aussi notre blogue conjoncturel.
Pour résumer le rapport paru le 28 mai : les familles et les entreprises s’en sortent pour l’instant, et les banques ont renforcé leurs réserves.
Par contre, la Banque voit quelques zones fragiles qui prennent de l’ampleur, et l’instabilité mondiale l’inquiète.
Ce document couvre tout le Canada.
C’est pourquoi nous l’avons complété avec des données du Québec. Le but : mesurer avec précision cet endettement des ménages québécois.
Prenons Julie et Marc, un couple fictif de Laval. Ils ramènent 1 000 $ à la maison chaque semaine.
Si leur situation ressemble à la moyenne canadienne, environ 148 $ de cette somme partent chaque semaine dans le paiement de leurs dettes : maison, auto, carte de crédit.
Et il ne leur reste que 35 $ environ à mettre de côté.
Ces montants viennent directement des derniers chiffres officiels, que voici.
Leur cas montre un endettement des ménages québécois qui pèse de plus en plus sur le budget.
Cinq constats résument la situation. Ils montrent un endettement des ménages québécois et canadiens qui grimpe doucement.
On emprunte plus vite qu’on ne gagne.
Au premier trimestre de 2026, Statistique Canada constate que les dettes des familles ont encore grimpé plus vite que leurs revenus.
C’est la sixième hausse de suite.
Le coussin pour les imprévus fond.
La part du revenu mise en épargne est tombée à 3,5 %, du jamais vu depuis deux ans.
En cause : les dépenses ont été plus fortes que les rentrées d’argent.
Les dettes mangent une bonne part de la paie.
Toujours au début de l’année, 14,75 % du revenu des familles servait à rembourser ce qu’elles doivent.
Si vos paiements vous étouffent, il existe des solutions d’allègement des paiements.
La richesse monte, mais pas pour tout le monde.
Les familles canadiennes, prises ensemble, n’ont jamais été aussi riches : plus de 19 000 milliards de dollars, ce qui donne en moyenne environ 462 000 $ par personne. Le hic ?
Ce gain vient presque entièrement des placements en Bourse.
Si vous êtes locataire et que vous n’avez pas de REER ou de CELI bien garni, cette hausse ne change rien à votre quotidien.
Les retards sur les paiements de maison augmentent un peu.
Desjardins remarque que plus de propriétaires ont trois mois de retard qu’à l’époque de la COVID.
Mais le nombre reste faible si on le compare aux années passées.
Pour la banque, c’est surtout un retour à une situation habituelle.
Au Québec, les maisons coûtent moins cher qu’à Toronto ou à Vancouver.
Ça se voit : un endettement des ménages québécois plus faible que chez nos voisins.
Chez nous, un peu plus d’une famille endettée sur dix (11 %) doit plus qu’elle ne peut raisonnablement porter.
En Ontario, c’est 16 %, et en Colombie-Britannique, 17 %.
Il faut quand même nuancer.
Une enquête menée en 2022 montre que deux familles québécoises sur trois (66 %) devaient de l’argent.
Et près d’une sur trois parmi elles (28 %) trouvait difficile de faire ses paiements, tandis que 2 % n’y parvenaient plus.
Ceux qui ont de petits revenus et moins accès aux services bancaires vivent ces difficultés plus souvent.
Un endettement des ménages québécois trop élevé ne pèse pas seulement sur les familles.
Quand une famille consacre une grosse part de sa paie aux remboursements, elle sort moins au restaurant, achète moins de vêtements, reporte ses rénovations.
Multipliez ça par des milliers de foyers, et les commerces du coin le ressentent.
L’IRIS a chiffré cet effet dans une note publiée en février 2026.
D’après ses calculs, si la dette totale des Québécois grimpe de 10 %, les achats des familles baissent d’environ 165 millions de dollars sur quatre ans.
L’économie de la province, elle, se prive alors d’environ 448 millions.
Il y a cinq ans, pendant la pandémie, beaucoup de gens ont signé un prêt pour leur maison à moins de 2 % d’intérêt.
Ce contrat arrive maintenant à sa fin.
Les nouvelles offres tournent plutôt autour de 4 à 5 %. Au Canada, plus de 1,15 million de ces prêts sont à renouveler cette année.
Pour ces familles, le paiement mensuel augmente, parfois de beaucoup.
Dans certains cas, un refinancement hypothécaire peut aider à retrouver un peu d’air.
Deux groupes ressentent le choc plus fort : ceux qui ont acheté depuis peu, parce qu’il leur reste une grosse somme à rembourser, et ceux qui possèdent des logements à louer.
Du côté positif, Desjardins s’attend à ce que les retards de paiement se stabilisent, puis reculent lentement en 2027 et 2028.
Ce choc risque d’alourdir un endettement des ménages québécois déjà important.
Face à un endettement des ménages québécois en hausse, quelques bonnes habitudes font une vraie différence.
Endettement des ménages québécois : les données clés à partager.
L’endettement des ménages québécois reste plus raisonnable que dans le reste du pays.
Mais trois signaux méritent votre attention : l’épargne s’amincit, les dettes grimpent plus vite que les salaires, et financer une maison coûte plus cher qu’avant.
La Banque du Canada parle d’une situation solide, mais délicate.
C’est le moment idéal pour ouvrir votre budget et y voir plus clair.
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